PermaPrincipe 06 – Ne pas produire de Déchets

Il faut bien comprendre le Principe précédant avant d’attaquer celui là car il en découle logiquement.

Dans un système de Permaculture, la notion de déchets devrait vous rendre perplexe lorsqu’elle est mentionnée. De la même manière qu’au Japon, les « mauvaises herbes » sont nommées « plantes pour lesquelles on ne connait pas encore d’utilité« , le concept de déchet est très changeant en fonction des cultures. Dans une société « moderne » de consommation effrénée, le terme déchet prend tout son sens et la philosophie générale des occidentaux est plutôt « trash Friendly ». Avec une obsolescence programmée, un service de ramassage des déchets efficace, de nombreuses déchetteries disponibles partout en Europe ou encore nos excréments qui disparaissent comme par magie dans l’eau potable des toilettes, notre conscience de la quantité de déchets que chacun de nous génère est assez abstraite. La prise de conscience augmente dans chaque classe de la population mais il reste encore beaucoup d’éducation à faire.

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J’aime à penser que les enfants d’aujourd’hui regardent un adulte jeter un papier par terre avec des yeux étonnés mais on ne peut malheureusement pas généraliser.

zerowastefrance_demarcheLa seule chose que l’on peut commencer à faire serait, au moins, de renommer nos déchets en « ressources ». Cette dernière pourra être utilisée par nous-même (déchets de cuisine au jardin, toilettes sèches en compost, bouteilles plastiques pour les boutures, cagettes à réutiliser ou pour le BBQ, …) ou par une autres personne ou structure (nos excréments pour générer du biogaz, nos papiers pour fabriquer de nouveaux journaux, nos vêtements pour de l’isolation, …). Avec cette mentalité, un déchet devient réutilisable à plus ou moins grande échelle et il s’agit de les identifier.

Pour l’expérience personnelle, j’ai connu l’accueil en déchetterie et l’entreprise de nettoyage de résidence. Autant dire que les déchets, je connais ! La quantité de déchets dans les conteneurs des immeubles de haut standing ou HLM, à sortir deux fois par semaine, est tout simplement hallucinante (je ne vous parlerais pas de la période de noël ou des boites de pizza des soir de match de foot à la télé !). Aliments, plastique, carton, tissu, électronique, médicaments, …  En déchetterie, les déchets sont  plus gros et bien souvent réutilisables en l’état. J’en ai récupéré des planches de bois, des luminaires, des chaises, tables de jardin, mitigeur neuf, lot de verres à pieds, … la caverne d’Ali Baba pour des récupérateurs comme Laure et moi.

Aujourd’hui, des mouvements apparaissent pour promouvoir le Zéro Déchet et la limitation de la quantité que l’on génère. Encore une fois, le but est de changer de point de vue : ce que la société considère comme un déchet, en est-il vraiment un dans mon système ?

Les trois R : Réduire !

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Image encore trop courante chez nous et dans le monde !

Pour bien commencer, il faut tout d’abords limiter les déchets non nécessaires. Comme pour l’énergie, le meilleur moyen de se débarrasser un déchet, c’est de ne pas en avoir besoin au début (l’achat en vrac, sac en tissu, analyser ses besoins avant d’acheter, …). Réduire c’est aussi utiliser les biens de consommation de façon optimale ou encore apposer le « Stop Pub » sur sa boite aux lettres. En gros, la communication que l’on entend est très régulièrement tournée essentiellement sur ce point précis. Economie des énergies et des ressources pour ne pas générer de déchets. Dans « réduire », j’intégrerais aussi Réparer car le déchets n’en ai pas un tant qu’on le répare. Les multiples Repair Cafés qui se montent un peu partout est une bonne voie car, en même temps de réparer un objet, cela nous permet d’apprendre de nombreuses choses, de rencontrer de nouvelles personnes, de passer un bon moment et de partager.

Les trois R : Réutiliser !

C’est le préféré des bricoleurs et des créatifs ! Le déchet devient une ressource à valoriser. Ainsi cette notion est très utilisée en permaculture (valoriser le paillage des étables pour le compost, réutiliser la sciure de bois pour l’isolation, utiliser la chaleur produite par des panneaux solaires pour chauffer la maison, utiliser le mare de café au potager, …). Les possibilités sont infinies ! Réutiliser ou customiser un objet ou une ressource énergétique devrait être plus souvent promu par les pouvoirs publiques avec la mise en place de composts collaboratifs, de recycleries dans les communes, de pédagogie qui va dans ce sens. La réutilisation de cartouche d’encre pour les imprimantes ou l’utilisation de piles rechargeables sont des bons exemples de mœurs qui évoluent doucement mais surement.

Par exemple, en Inde, pendant des dizaines d’années, les vendeurs de thé ou de boissons dans les rues utilisaient des tasses ou des mugs et chaque consommateur déposaient sa tasse vide sur l’étable de même ou d’un autre vendeur. Ainsi, ces derniers avait une collection de tasses dépareillées assez folklorique. Aujourd’hui, avec l’arrivée de la culture occidentale et son lot de plastique jetable, les consommateurs boivent leur boisson dans des verres en pastique qu’ils jettent dans la rues. Les services publiques de collectes et de nettoyage n’étant pas encore généralisés les rues sont devenues des dépotoirs. Surcoût pour les vendeurs qui doivent acheter les gobelets, perte de folklore, énorme perte de propreté, perte d’argent des communes devant gérer ces déchets. Bilan catastrophique.

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Nous voyons aussi les système de consigne réapparaître chez nous car beaucoup de consommateurs et de producteurs prennent conscience qu’un contenant réutilisé peut limiter les dépenses pour les deux parties et limiter les dégâts dus aux déchets.

Enfin, la démocratisation fulgurante des site de vente entre particuliers permet à chaque personne de voir son déchet comme potentiellement intéressant pour quelqu’un d’autre. Le déchet commence à changer, petit à petit, en ressource.

 

Les trois R : Recycler !

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Y a encore du boulot !

En fin de cycle, lorsqu‘on possède un déchet que l’on a pas pu éviter (Réduire) ni Réutiliser/Réparer, il faut envisager le Recyclage et là ça se complique dans la société. De part la quantité astronomique de déchets et leur diversité, les filières de recyclage sont souvent débordées. Il y a plus de sept types de plastiques différents qui ne se recycle pas ou mal, les produits Hi-Tech sont des assemblages miniatures de dizaine de métaux, fibres, verre, gaz, composants, … Le recyclage est souvent très coûteux et les grandes entreprises qui s’en occupent pensent souvent à leurs profits plus qu’à l’impact environnemental. Bizarrement, la benne « métal » des déchetteries est bien mieux triée que le « tout-venant ». Dans une conception de permaculture, vous ne devriez pas arriver jusqu’à ce R car à notre petite échelle, nous sommes souvent impuissants.

 

Nous pouvons rajouter à ces trois R des petits nouveaux qui ont leur importance :

Ré-imaginer : En amont, il s’agit de penser à la question des déchets avant qu’ils n’apparaissent. Que se soit à l’échelle de votre foyer, de la commune ou du pays, repenser la politique liée aux déchets permet de limiter grandement leur impact. Comment devrait être nos villes ou hameaux pour devenir Zéro Déchet ou s’en approcher ?

Réfléchir : avant d’acheter, bien comprendre les enjeux liés à telle ou telle entreprise. Se renseigner sur les pratiques du fabriquant ou producteur, sur la durée de vie du produit, poser les questions qui dérangent; militer auprès des politiques, interpeller les porches, éduquer nos jeunes têtes blondes, …

data centerPar exemple, vous avez surement entendu parler de l’impact énergétique et la génération de déchets créé par la navigation internet et leur énormes data center. En se renseignant et en réfléchissant, il y a moyen de limiter cette impact à notre échelle (supprimer les vieux courriels ou les sauvegarder sur sa bécane, éviter de mettre tous ces documents sur le cloud, utiliser des systèmes de compression de fichiers efficaces, auto-héberger son site ou l’héberger dans une structure plus écologique (très difficile à trouver), …

Dans une conception en permaculture, que ce soit pour le jardin, pour la famille, votre association ou autre, la problématique des déchets devrait trouver une place centrale dans votre réflexion. Les choses avancent à petits pas et maintenant, grâce à des associations, on peut trouver des moyens de monter un événement Zéro Déchet, une gestion d’entreprise consciencieuse sur ces problématiques, des établissements scolaires qui relève le défi, … On va dans le bon sens !

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