L’Aventure et la vie

Et oui, la reprise du travail et surtout la recherche insistante d’un terrain pour accueillir notre projet ne me laissent pas beaucoup de temps pour vous …

Je rattrape mon retard avec l’explication de l’avant projet Aventure ou le comment on en ai arrivez là ! J’espère ne pas être  trop long mais, vous commencez à connaitre mes longs paragraphes.

Misère de misère !

Partant du principe premier, il y a quelques années que nous voulions vivre une belle vie pleine de bonheur avant le cumul éreintant de nos trimestres de retraite, avant nos 65 ans et notre fatigue, je me suis penché sur ce que je connaissais : la construction d’une maison qui nous correspondait. Précédant ma formation de menuiserie, je commence le dessin de plan d’une grande, voir très grande maison, qui évolue souvent et qui se multiple en une pile de croquis, griffonnés, raturés, retravaillés. La maison s’inspire à chaque fois des quelques principes fondamentaux que j’ai glaner dans le magnifique livre : La Maison Bioclimatique, de Courgey et Oliva afin de devenir la plus autonome possible et surtout nous apporter l’inverse de se qu’on connait depuis quelques années (humidité, moisissure, chauffage électrique, sensation de grelottage permanent, eau chaude sanitaire capricieuse, …).

Une toute petite maison de plus de 130m² ... minuscule !Je dois bien l’avouer, j’y ai travaillé seul, n’impliquant Laure que pour des questions très techniques de type : « tes cochons d’Inde, il leur faut un enclos de quel taille minimum ? », en me basant sur notre quotidien et sur les aspirations futurs que nous avions. R+1 et même R+2, la maison grandit, s’allonge, s’élève toujours plus grande, plus imposante, prenant modèle sur la maison de mon parrain et ma marraine qui savent si bien accueillir toute la famille pour de grands Symposiums annuels. Plusieurs chambres, immense salon, garage dont la taille à dépassé les 80m² et surtout, toutes les « petites » pièces secondaires démesurées (wc de 5m², Salle de bain de 27m² et cellier de 43m²) !!! De quoi vivre confortablement me direz vous ! Ah lala, j’en ai dessiné des palaces et des manoirs …

La belle vie pour Francis.

Sans aborder ma formation de menuisier, qui m’a rapprochée plus du charpentier qu’autre chose, le déclic, il y a 3 ans, c’est la découverte de Monsieur Francis GENDRON, un québécois qui a réalisés de petites vidéos YouTube sur les EarthShip de Michael Reynolds au Nouveau-Mexique (USA). Là, je dois dire, c’est le revirement total. Ce n’est pas la taille qui compte, même pour la maison mais l’efficacité.


Je range mes plans, j’archive mes premiers essais sur SketchUp, je sort un paquet de feuilles A3 5*5 et c’est partie ! C’est décidé, nous vivrons dans un EarthShip modifié et adapté à notre quotidien et notre climat. Après des dizaines et dizaines de vidéos, recherches, analyses, crises de nerfs et prises de tête, ça avance, ça prend forme et ça me plait. Un soutien ponctuel de ma chère et tendre moitié me débloque et me conforte (ou pas) dans mes idées. J’implique Laure, je prend note de ses envies, de ses contraintes et j’essaye de lui faire rêver notre futur chez-nous. A chaque idée, à chaque point technique et à chaque folie, les cloisons sont poussées, tirées, rajoutées, modifiées, …

En début 2014, Notre maison est consolidée sur plan et connaîtra quelques petits changements mais rien de significatif, surtout des changements techniques de construction à force de découvrir de nouvelles méthodes, de nouveaux matériaux et des idées inconnues jusque là. Après des injection sévères de vidéos, de tutoriels et de testes sur SketchUp, je deviens la machine de guerre que j’aime tant et, aidé par une longue période de chômage, j’étire la maison en 3D et je pousse le vice en plaçant chaque morceaux de bois, chaque poutre, chaque élément sur le modèle qui devient lourd, lourd et très lourd.

C’est presque cette version mais je garde la surprise de la dernière.

 

A partir de ce point, le défi réside dans l’afflux constant de deux forces opposées et chacune très puissante, les pousseurs et les briseurs de rêves, ceux qui vous poussent en avant avec joie et envie et ceux qui vous poussent dans le vide avec incompréhension et aigreur. Il faut être costaud et zen dans les deux cas. Les premiers sont plus simples mais toutes leurs idées et trouvailles apportent beaucoup de doutes et de perte d’objectifs. Il faut bien savoir, pour tous les points de votre projet, le pourquoi et le comment vous avez prit cette décision sinon une modification sous l’impulsion de mon père et Laure se retrouve à grogner le fameux et récurant : « bah ouai mais mon espace bureau n’a plus de lumière maintenant, cool, merci, ça fait plaisir !!« . Les idées architecturales sont, des fois, aussi de fausses bonnes révélations qui changent énormément les éléments du projet.

Il faut bien se le rappeler tous les jours.

Les seconds, qui arriveront sans même s’en douter, ont le pouvoir autoproclamé de vous faire brûler vos plans, rêves et envies en une phrase, une seule … celle qui sort sans méchanceté, celle qui résonne en vous et vous fait perdre toute confiance, toute force ! Attention, car souvent ils le dise pour vous aider ou tout simplement parce qu’il n’ont pas les mêmes rêves. Avec une certaine bienveillance, ils s’autorisent les pires réflexions : « tu n’y arrivera pas », « c’est bien mais ça coûte trop chère, vous ne pourrez pas », « et tu compte faire ça quand avec ton boulot », « ça marche pas tes EarthShip, c’est quoi déjà ?!!« , … Je pensais que ce genre de réflexions sortiraient de la bouche de ma mère, légèrement trop franche, ou de mon beau-père, un peu traditionnel et bourrin mais je me suis pris une grande claque le jour où, tout excité, j’explique le projet l’aventure, le fonctionnement et quelques détails à mon meilleur ami et sa première réponse à ma grande excitation fut : « Je connaissais pas les EarthShip mais ça fonctionnera pas, c’est trop compliqué, tu ne pourras pas le faire !« .

Merci beaucoup pour les encouragements …

Etat d’esprit très zen !

Mon naturel très calme et méditatif me fait perdre la tête et je m’insurge face à tant d’injustice de toutes ces saloperies. De quel droit ces personnes s’autorisent à briser les envies d’un ami d’une phrase, sans même réfléchir ni s’intéresser un minimum. Une petite phrase résonne dans ma tête à ce moment là, avec un soupçon d’aigreur « Vous n’y comprenez rien. Moi aussi je peux critiquer votre mode de vie qui ne me correspond pas ! » (moins politiquement correct dans mon esprit sur le moment comme certain l’on lu). Respire, respire, respire …

Une des seules phrases que j’ai gardé au fond de ma pensée pour continuer vient de mon cousin Damien qui résume ça dans cette vidéo qui lui rend hommage : Follow Your Passion

N’ayant pas envie de s’emmerder toute notre vie dans une démarche boulot-bagnole-dodo, avec la force de Laure, je garde le cap, je positive et on avance toujours plus loin dans nos projets notre aventure. 


Ce sont deux déclics qui ont réellement débloqués les rêves fous pour les rendre presque tangibles. Tout d’abord, l’élevage de lapins de compagnie, les gardes et le business amateur de Laure qui prend de l’ampleur et nous fait percevoir une application semi-professionnelle possible. Ensuite, la découverte de la Permaculture m’a fait prendre conscience du réalisme de nos rêves et leur faisabilité. Les rencontres de la Permacultures, le CCP à Kerzello avec un grand ami, Christophe et les vidéos du simple Damien Dekarz, du blasé Christophe Köppel, du tout-doux Hervé Coves, mais aussi l’économiste Frédéric Lordon, le penseur Etienne Chouard, le militant Franck Lepage, … me conforte, me réconforte et me font rêver des rêves encore plus puissants et intenses. Je me calme, je me calme ! Avant l’installation d’une monnaie locale, d’un tirage au sort d’une commission de régulation des strates politiques et la refonte du système scolaire, je dois m’attaquer à la maison et sa réalisation.

Avec l’aide précieuse de mes frères : Ivan, pour les questions techniques, Simon, pour les discutions et les points de vues, de mon père pour son grain de folie, de mon épouse pour les détails du quotidien et des quelques soutiens autour de nous (Christophe, mon binôme de toutes les aventures et sa femme Pauline, l’enthousiasme des Bablets seniors (ils se reconnaîtront !) et les multiples rencontres de ces derniers mois), nous sommes prêt à lancer le projet.

Merci à tous
Merci à tous

Les premières étapes ne nous ont pas coûtées trop d’énergie. Rencontre avec le courtier pour valider la faisabilité d’un prêt de 36 000€ sur 10 ans, recherche quotidienne de terrain dans une zone assez large de l’axe Nantes-Rennes et ses alentours et précision de nos besoins et envies pour le terrain. Nous sommes plein de bienveillance et d’énergie positive et je me vois déjà planter les premiers arbres dans deux ou trois mois, chouette !

Jusque là tout va bien, c’est après que les choses se compliquent …

La suite au prochain épisode, il faudra être un peu patient.

Dans l’ordre des prochains articles :

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3 réflexions sur « L’Aventure et la vie »

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