La Connaissance au service de la Nature,

Chinampas, méthode de culture saine et propre.
Chinampas, méthode de culture saine et propre.

Après les chasseurs/cueilleurs qui utilisaient les ressources naturelles de l’environnement ponctuellement sans jamais épuiser la nature, se déplaçant bien avant que le système ne montre des signes de pénuries, l’agriculture sédentaire de nos ancêtres connaissait « les secrets » des écosystèmes. Attribués tantôt aux esprits, tantôt aux divinités, les premiers agriculteurs observaient et reproduisaient des modèles naturels par le bon sens de leurs cultures.

Approche Agro-Sylvo-Pastorale
Approche Agro-Sylvo-Pastorale

L’approche Agro-Sylvo-Pastorale imposée pendant des milliers d’années avait pour avantage de fonctionner à merveille, n’exploitant que de petites parcelles abondantes. L’organisation en village, chacun interdépendant les uns des autres, permettait à chaque humain de se nourrir, se vêtir, se protéger et vivre ensemble. Lorsqu’une maladie ou mauvaise saison s’attaquait aux arbres fruitiers, les légumes, la viande et les baies prenaient le relais et nourrissaient la population. Ce système a perduré jusqu’à l’arrivée de multiples facteurs qui ont bouleversés la logique et le bon sens.

Qui aura le plus gros tracteur pour le concours de Labour !
Qui aura le plus gros tracteur pour le concours de Labour !

L’augmentation de la population et des besoins, l’installation d’un système monétaire évaluant le prix des récoltes qui deviendront petit à petit des produits, l’instauration de taxes lourdes obligeant de produire plus de quantité et moins de diversité, l’apparition d’une classe de consommateurs non-travailleur, … Tout cela à fait basculer le modèle millénaire en une agriculture tendant déjà vers l’artificielle. Le bon sens fait place net à la rapidité et la productivité. La connaissance se perd au service d’un modèle simple et soit disant efficace.

Diminution des variétés au fil des années ...
Diminution des variétés au fil des années …

Après la seconde guerre mondiale, les conneries s’accélèrent à cause de l’industrie militaire qui s’invite dans nos champs et nos élevages. Les stocks, entre autres, de nitrates ne pouvant plus servir à fabriquer des bombes en ce temps de paix retrouvé, la révolution verte écoule les surplus pour « le bien » de nos cultures, boostant la pousse, la productivité et obligeant les paysans à acheter les déchets d’après-guerre. La propagande fonctionne à merveille, surfant sur l’envie des familles d’aider leur pays après les atrocités commises et créant un sentiment de fierté de la classe paysanne.

pcb_sigle_danger200Et oui, les sciences et la biochimie apportent alors son lot de « Révolution ». Les champs fertiles sont maltraités dans la même foulée que les esprits fertiles de ces familles qui veulent nourrir leur pays. La science au service de la rapidité, la productivité et le bénéfice organisé (semences, appauvrissement des sols, engrais, pesticides, produits malsains, pharmacopée, …). Cette connaissance, détenue par ceux qui peuvent la manipuler et la traduire dans la langue de l’argent, est aujourd’hui entrain de changer de camps, pour un changement de paradigme personnel, local, communautaire, national et mondial.

Pour ceux qui ont zigzagué dans mes autres articles retrouverons cette idée que je trouve fondamentale : la connaissance et le bon sens sont les points clefs des changements à venir.

Aujourd’hui, après un Cours Certifié de Permaculture à l’écolieu Kerzello avec Steve Read (entre autres), cette pensée s’est ancrée profondément. L’écologie qui nous est vendue, qui nous culpabilise, qui nous défie est un écran de fumée opaque dissimulant les réels objectifs, les rêves possibles, la magie des systèmes de notre planète.

Apprendre, comprendre et s’émerveiller …

Tout est lié, tout à un sens, tout est une suite de causes à effets quasiment mystiques. Le savoir, que détiennent encore quelques anciens, mélangé intelligemment à notre technologie de pointe, qui permet d’apercevoir du coin de l’œil la magie de la nature, apporte les solutions et l’éducation pour les générations futures.

Aujourd’hui, notre responsabilité est avant tout de ne pas laissé filer se savoir, l’entretenir, le développer avant que les puissants ne fasse disparaître toutes les tomates non-rouges, ne simplifie l’humain a un acheteur-travailleur et ne restreignent un arbre à une somme de feuilles, de branches et de racines.

Vous pensez-y échapper ? … Réfléchissez-y !!

Ici et maintenant, notre compréhension des systèmes naturelles ne fait qu’augmenté par la passion de quelques personnes qui explorent les multiples Terra Incognita de notre planète que peu soupçonnent (le sol et son lot de biodiversité, les relations intimes entre les plantes, les insectes et les flux de matières, les cycles naturels, la psychologie et les rapports humains, …). Ces semeurs de pensées, ces essaimeurs de savoirs sont notre porte vers un paradigme régi par le respect, le partage et la vision à long terme.

Biodiversité, sol, mycorhizes, auxiliaires, ...
Biodiversité, sol, mycorhizes, auxiliaires, …

Sous les branches entrelacées d’un vieil houx qui a vécu bien des saisons, entouré d’une bande d’esprits grands ouverts aux changements, les yeux rivés sur trois passionnés partageant un sens commun de la vie, nous avons bu des paroles, des explications vulgarisées sur le fonctionnement symbiotique d’un arbre. La magie que ces éclaircissements, ce sentiment partagé d’être minuscule devant cette complexité mise en place par la nature a fait pétiller mes yeux et retrouvé mon âme d’enfant. Chaque élément a sa place, ses fonctions et ses relations. Chaque ressource est apportée par plusieurs auxiliaires ou collaborateurs. Chaque vil parasite sert un système plus vaste et ramifié que le simple arbre dressant ses branches au dessus de nos petites têtes monoculturées.

J’aime à vous offrir un brin de cette complexité dans la vidéo qui suit, permettant à ceux présents de revivre ce moment et aux autres de toucher du doigt les premiers maillons d’un monde magnifique rempli d’une magie indescriptible.

  • Merci à Pierre-Yves PETIT, qui rayonne dans le cœur et qui chamboule l’esprit.
  • Merci à Robin THOUILLEUX, qui rassure les perdus avec une généreuse délicatesse.
  • Merci à Yves JOIGNANT, qui motive, excite et guide les graines que nous sommes vers une simplicité heureuse.

L’Arbre dans toute sa splendeur !

https://youtu.be/Ao7n9fZ8sjA

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2 réflexions sur « La Connaissance au service de la Nature, »

  1. Tout était rose avant les « conneries » de l’agriculture moderne: vraiment? En France, pendant des siècles, les famines et les disettes ont perduré, et parfois les progrès de l’agriculture ont permis d’améliorer la situation des gens… Y compris au XXème siècle!
    Voir par exemple ce lien sur l’agriculture au XVIII siècle: http://www.histoire-pour-tous.fr/histoire-de-france/3861-agriculture-et-demographie-au-xviiieme-siecle.html
    L’intention de ce commentaire est d’être constructif, et peut-être d’en apprendre plus sur les systèmes agricoles du passé. Pourquoi on s’est mis à labourer, d’abord?? J’aimerais bien savoir!

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    1. Bonjour,
      Votre commentaire me fait très plaisir car j’adore l’esprit critique.
      La vie n’est simple à aucune époque, je suis bien d’accord et l’agriculture des temps passés avait ses lacunes. De mon point de vue, le majeur problème « d’avant » c’est le système de propriété des champs et les impôts qui s’y accompagne. Sur tous les récits de famines que j’ai pu lire depuis votre commentaire, je remarque surtout qu’une très mauvaise récolte amène systématiquement une grosse montée des prix pour le grain, les légumes ou les fruits et provoque une énorme injustice de traitement entre les classes sociales. Imaginons un principe purement théorique de répartition juste des denrées et à mon sens, les grandes famines ne se seraient pas passées ainsi (je peux me tromper).
      Pour ce qui est d’aujourd’hui, depuis les années 50-60, les « nouvelles techniques » agricoles se basent sur une forte normalisation de tous les processus de fabrication dans tous les secteurs. Plus aucune place à l’improvisation, tout doit être clair, net et précis. Quantifiable, rentable, reproductible !
      Une agriculture à l’ancienne demande du jugé, de l’observation, une grande connaissance. Avec la charrue et la monoculture un paysan devient exploitant agricole car il applique une marche à suivre étape par étape. Transformer les chaines de production de Tank pour construire des tracteurs avec des offres exceptionnelles d’achat permet de monétiser grandement le secteur agricole et surtout de palier aux manques de main-d’oeuvre d’après guerre. Enfin, grâce aux calories de l’or noir pour le tracteur, un seul exploitant en remplace 10 qui peuvent partir à l’usine pour fabriquer les derniers biens de consommation des trente glorieuses naissantes.

      Ainsi pour moi, le labour profond par engins mécanisés est seulement la conséquence de ce besoin pressant d’automatiser l’agriculture. Car sans labour aucune mécanisation n’est possible et donc il faut des bras pour produire la nourriture.

      Petite réflexion pour finir, ne peut-on pas retrouver les famines locales « d’avant » (dans un système géographique limité où il y avait peu d’import/export) dans les famines, crises sociales, grandes pauvretés et profondes misères des pays « en voies de développement » partout dans le monde ?
      Qui paye aujourd’hui le prix de notre abondance toute relative ?

      En tout cas, je suis content des recherches que votre commentaire m’a amené à faire et comme à mon habitude, je ne sais pas faire court !!

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