Entretien avec Pierre-Yves PETIT sur les Buttes de culture

Photos de Martin PAROLA-DANIEL / Vincent SECHER / Laurent BOURDA / Catherine / Bertrand / ou Maryvonne
Attentif pendant les Agoras
Attentif pendant les Agoras

Durant toute cette semaine, je n’ai pas pu assister à tous les ateliers et toutes les conférences, n’ayant pas le don d’ubiquité mais, il y a un personnage clef pour moi dans ces rencontres, Pierre-Yves PETIT.

En plus d’être adorable et très ouvert à tous les sujets permettant de refaire le monde accoudé au bar, un cidre à la main, il est un puits de savoir sur la nature. Quelle soit scientifique ou pratique, sa connaissance vous tient en haleine des minutes durant, oubliant le temps qui défile ou les distractions qui vous entourent.

Cours théorique et Pratique sur les Buttes
Cours théorique et Pratique sur les Buttes

Etudiant en permaculture, il met ses apprentissages scientifiques au service de la compréhension des systèmes naturels. Comment fonctionne un sol ? Comment se dégrade tel ou tel élément ? Autant de questions qui tirent leur réponse dans une science éclairée par l’observation de la Nature.

IMG_6512Comme il nous l’explique dans la vidéo, il est associé de la Ferme Symbiose en Dordogne et, grâce à la logique de la Permaculture, met en place le Design de la ferme et des ateliers qu’ils proposent.

Les Buttes de Culture :

Tout est dit dans la vidéo que j’ai pu filmer durant les Rencontres de la Permaculture 2015 mais je vais essayer de synthétiser tout ça pour vous … Ça va pas être simple je pense !

Vidéo de l’entretien avec Pierre-Yves PETIT

 


 

Objectifs PRATIQUES d’une Butte :

Le trou de serrure prêt à être planté
Le trou de serrure prêt à être planté

Je ne suis pas assez calé pour vous parler des objectifs microbiologiques de la butte (les relations symbiotiques entre les champignons, les bactéries, les racines, les arbres, …). Pour cela, écoutez plutôt Pierre-Yves et regardez les vidéo en bas de page de Claude et Lydia Bourguignon.

Qu’elles soient droites, en trou de serrure, rondes, en U, … la création d’une butte permet de créer du sol adapté aux plantations que nous souhaitons installer. Si votre sol est fait de 5cm de terre fatiguée posé sur un remblai de caillasses, les buttes seront surement vos amis. De même, les buttes peuvent pallier un sol trop acide, sablonneux, humide, …

Il captive les foules dès les premiers jours ...
Il captive les foules dès les premiers jours …

La butte permet aussi de délimiter les zones de cultures. Ainsi personne ne marchera sur votre terre bien aérée et fertile ni sur vos jeunes pousses de légumes. De plus, la hauteur de la butte amène d’autres avantages. En cas de petites inondations, les plantes auront les pieds au sec. Vous n’aurez pas besoin de raser le sol pour récolter vos belles salades. Le faite qu’elle soit bombée agrandit la surface de culture. Enfin, sa composition permet une meilleure gestion de l’eau, des auxiliaires (insectes, petits rongeurs, …) et de la chaleur au centre de la butte.

Nous pourrions trouver d’autres avantages à l’installation d’une butte de culture mais je sens que vous êtes plus intéressé par la technique alors j’y cours !

La constitution de la Butte :

Le bois mort servant de réservoir deau
Le bois mort servant de réservoir d’eau

Tout d’abord, il faut analyser les matériaux et les « déchets » que vous avez sur le terrain où vous souhaitez construire cette butte. A partir de cette observation vous pourrez composer votre butte de culture en utilisant des matériaux abondants en local ou les déchets produits par les autres systèmes de votre Design (fumier d’animal, paille, litière végétale de rongeurs, …).

Une couche composée de carton trempé mélangé à du crottin d'âne
Une couche composée de carton trempé mélangé à du crottin d’âne

Dans le principe, comme l’explique Pierre-Yves PETIT, il faudra creuser votre sol aux dimensions de la butte en prenant soin de trier et déposer à proximité la terre et l’herbe retiré. Ensuite, des bûches de bois mort plus ou moins grosses et longues seront disposées au fond du trou afin de constituer une réserve d’eau au pied des plantes. Plus les bûches sont grosses, plus elles seront pérennes avant leur compostage. Les interstices entre les bûches seront bouchés avec du broyat de bois ou de la terre. Ce réservoir sera surmonté de couches intercalant des matériaux carbonés et d’autres azotés pour nourrir au mieux vos légumes, fruitiers et autres fleurs et aromates.

Elsa en profite pour planter ses premières aromates sous les conseils de Franck Nathié
Elsa en profite pour planter ses premières aromates sous les conseils de Franck Natié

Pour finir avec la partie superficielle de la butte, vous pouvez finir avec une couche de compost et vous couvrez le tout par un Mulch composé du paillage que vous avez en abondance chez vous (paille, BRF, écorces, …). Cette généreuse couche va protéger la terre des coups de soleil et du vent et ainsi garder votre terre humide et fraîche tout au long de l’année sans avoir besoin d’arroser en excès. Sur la Butte des Rencontres de la Permaculture, des branchages ont été disposés anarchiquement sur le Mulch pour empêcher nos copines les poules de gratter et nous retourner la butte en un rien de temps.

Toutes ces couches et ces matériaux permettent de créer un sol où chaque collaborateur pourra se développer afin de manger et d’être manger en respectant le cycle naturel (les champignons mycorhiziens, les bactéries, les insectes, les racines, les vers de terre et de fumier, …).

 

Maintenant que vous savez cette théorie, je vous laisse vous amuser avec les formes, les décorations (loupiotes, pierres, bordures, …) , les aménagements (bancs, petite table, …) et vos expérimentations !

Le maître mot reste et restera : le plaisir !

 

Pour aller plus loin dans la compréhension de la vie microbiologique des sols, je vous invite à vous engouffrer dans les paroles de Lydia et Claude BOURGUIGNON (Documentaire d’Arte : Que Faire ? entre autre).


 


 

 

Attention la prochaine, elle fait mal, mal, mal !! Dépressif s’abstenir !

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4 réflexions sur « Entretien avec Pierre-Yves PETIT sur les Buttes de culture »

    1. Le principe d’enfouir des bûches et autres branchages dans les buttes de culture n’a pas la même fonction que la décomposition de Matière Organique MO en surface.
      Le bois, particulièrement poreux, joue ici un rôle d’éponge pour créer une réserve d’eau. La butte est aérée et le bois ne doit jamais être immergé dans une nappe d’eau. Autrement, le bois va putréfier à cause du manque d’oxygène (bactéries anaérobies) !
      Le but du bois au fond des buttes est donc de décomposer très lentement pour augmenter la rétention d’eau dans la butte, privilégier l’apparition des champignons et aérer la butte.
      J’espère avoir répondu à votre scepticisme, merci du commentaire.

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  1. Je suis sceptique aussi sur les buttes… On est censé imiter la nature, or je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de bois naturellement enfoui a 50cm ou 1m de profondeur. Pour ce qui est du bois, Je serais plutôt partante pour du brf qui me semble plus naturel…(en petite quantité et mélangé à d’autres débris).

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    1. Je dois dire que la butte de culture n’imite pas précisément la nature mais l’exagère pour « booster » les plantes.
      Dans un sol forestier ou pré-forestier, les branches mortes tombent au sol et se décomposent assez rapidement en surface. Elles sont recouvertes par les feuilles mortes, les plantes rampantes et autres déjections animales en partie. la décomposition de la branche mais surtout sa faculté à emmagasiner l’eau permet aux plantes de pousser rapidement à son pied.
      Dans une butte, on utilise se principe mais on rend le processus plus lent et plus durable pour conserver notre réserve d’eau et MO sur plusieurs années. On travaille beaucoup moins la butte, on laisse les champignons et bactéries se développer.
      D’où la formule butte « auto-fertile ».
      Les couches de MO carbonnée et azotée rajoutées en surface laissent passer l’air, les racines et les échanges avec la surface. Dans un labour profond en agriculture moderne, le sol est retourné, la MO s’enterre sous une couche compactée et hermétique. L’air n’arrive plus à la MO et elle putréfie.
      Le BRF est très efficace mais sur une petite période car il se décompose rapidement. Soit vous pouvez en obtenir facilement et pas cher soit cela devient un coût important et une surcharge de travail pour vous.De plus, les champignons mycorhiziens se développeront plus durablement dans des troncs ou bûches que dans du BRF.
      Je suis enchanté de votre commentaire qui remarque vos interrogations et votre sens de l’observation des systèmes naturels. Avec se genre de réflexion vous ne pouvez aller que dans le bon sens !

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