Obsolescence Programmée, la fameuse !

Un concept bien connu, une idée générale partagée par tous, une fatalité pour beaucoup …

La première fois que j’ai regardé le reportage sur Arte : Prêt à Jeter, halala, ça m’a presque fait marrer de voir comment tout avait été calculé par une poignée depuis des dizaines d’années aux yeux et à la barbe de tous.

Pour résumer quelques point de ce reportage, il nous apprend, par l’histoire, cette nécessité de réduire la durée de vie des produits (exemple de l’ampoule électrique) afin qu’ils cassent et que le business perdure. Ingénieux mais dramatique.

Ampoule OSRAM

A noël 1924, le Cartel PHOEBBUS, Compagnie Industrielle pour le Développement de l’Eclairage, décident, entre concurrents directs, de limiter la durée de vie des ampoules à 1000H sous peine de sanctions financière par le Cartel. Au plus fort d’une bonne grosse propagande marketing (Publicités, dessins animés éducatifs, …) l’Obsolescence Programmée voit le jour de façon officielle et organisée.

Quelques années plus tard, par le biais de Brooks Stevens, la suite logique apparaît, celle que nous vivons tous au quotidien, de nos grandes surfaces aux pays les plus pauvres de la planète : le Consumérisme Volontaire !

Serge LATOUCHE

Pourquoi réduire la durée de vie des produits alors que, bien stimulés et magnétisés, les consommateurs pourraient, eux-même décider de jeter et de détruire leurs marchandises pour en acheter de nouvelles plus récentes, performantes, belles ou tendances ? Donc partant du principe que nous sommes de gentils moutons manipulables, ils ont pu associer les trois concepts clefs de notre société, rappelés dans le reportage par Serge LATOUCHE, un économiste français :

Publicité + Obsolescence Programmée + Crédit Bancaire

Autrement dit : Créer le désir pour un produit jetable qui coûte assez chère mais pas trop pour être vendu si possible à crédit.

Pour commencer par un exemple personnel qui m’a fortement marqué alors que j’étais surveillant de collège à Nantes (un Pion quoi !) : Pendant la pause du midi, nous faisions sortir tous les élèves externes qui devaient manger chez eux mais, au bout de quelques jours, je remarque un élève de 5ème traîner autour de l’établissement tous les midis. Autoritaire, je lui conseille de rentrer chez lui plusieurs fois et il finit par me dire qu’il habite à 40min du collège mais que sa famille n’a pas les moyens de payer la cantine donc il mangera ce soir, c’est tout !

Pauvre petit bout de choux, dirait-on, si ce même gamin ne sortait pas au même moment le dernier iPhone de sa poche … Je ne comprend pas et il me dit qu’il est tombé du camion, il l’a eu pour « seulement » 150€. Tirant les vers du nez par des questions idiote, j’apprend ensuite que l’abonnement téléphonique coûte aux parents 29.90€/mois …

Le Désir transformé en Besoin, l’Outil transformé en Nécessité !

L’obsolescence Programmée n’est pas juste tragique pour notre porte-feuille et pour les petites économies de monsieur tout-le-monde. Elle induit indirectement des mécanismes forts dans notre façon de voir le monde, des réflexes idiots mais naturels. Et ce n’est pas prêt de changer à mon avis.

Au Cameroun, par exemple, lorsqu’une personne devient un peu plus riche, il est souvent nécessaire de le montrer au monde de la façon la plus absurde qui soit : construire une maison en parpaings et toiture en tôle !! Dans un pays tropical, l’intelligence de leur maisons traditionnelles alliant forte inertie, isolation naturelle et forme adaptée va être « échanger » contre un four en béton (crevant de chaud la journée et imprégnée d’humidité) ultra bruyant à la première averse à cause de la tôle mais montrant à tous son niveau social … Face à ça je préfère être pauvre !

J‘ai longtemps été, moi-même un consommateur impulsif. Je veux, j’achète. C’est cassé ? je rachète, pas grave ! La garantie ne s’applique pas pour ça, c’est marqué page 147 en caractère 5 … désolé je savais pas, j’en prend une autre alors ! C’est plus facile quand on a les moyens et un gros argent de poche, j’avoue ! Je suis bien conscient de la facilité de tomber dans le piège, entraîné par les copains et les infos et je comprend aussi la difficulté de sortir de ce processus pour quelque chose de plus durable.

Décharges et dégâts écologiques

Cette croissance effrénée qui entraîne ces mécanismes apporte son lot de problèmes qui, maintenant sont très dure à gérer. Le nombre grandissant de déchets dans les décharges, les fleuves, les océans, les forets, … La réduction du pouvoir d’achat des consommateurs, la surproduction, la surconsommation et l’appauvrissement des ressources naturelles, la destruction des espaces pour les supermarchés et autres parkings et locaux de stockage, …

Mais pour moi, concept primordial, le drame le plus profond reste la perte massive de connaissance et du savoir général. La population ne sait plus faire, réparer, modifier, réutiliser, recycler, … Lorsque l’on va chez le garagiste pour un problème technique, il branche son ordinateur qui lui dit où est la panne et il change toute la partie de la voiture (pare-choc entier changé pour un clignotant cassé). C’est plus rapide et plus rentable … Aïe aïe aîe … Dans l’agriculture, c’est pareil, dans le bâtiment aussi, tous les métiers sont formatés et réduit à leur plus simple appareil volontairement.

Nous ne savons ou ne pouvons plus faire de simples réparations sur nos voitures (vidanges, ampoules, …), nous ne savons plus entretenir des machines à laver et autres petits électroménagers, nous sommes démunis devant le PC portable qui a la moindre pannes, nous avons perdu la connaissance de nombreux sujets et manières de faire.

Cela crée toujours plus de déchets, de nécessité de consommer et de s’endetter, toujours plus de désirs immédiats et irraisonnés.


Face à l’obsolescence programmée, qu’elle soit dans la durée de vie ou dans les désirs d’achat et de renouveler nos produit en fonctionnement, il existe néanmoins de nombreuses solutions et initiative partout dans le monde.

Tout d’abord, l’émergence des FabLab et de l’impression 3D accessible à tous qui permet de « refabriquer » une pièce cassée d’un outil ou d’un objet. Ce concept vient avec tous les prosommateurs qui arrivent à notre époque (forum d’aide, garage solidaire, réparateurs bénévoles, dénonciateurs de dérives consuméristes, …). Il est très intéressant de voir une vague d’initiatives solidaires où chaque personnes propose ses compétences pour les autres.

Ensuite pour réduire les déchets et la consommation grandissante, de nouveaux magasins voient le jour, où on peut acheter seulement la quantité de denrée ou de produit voulue vendus en vrac ou à la demande ou même les AMAP qui oblige, en quelque sorte les consommateur à utiliser des produits qu’ils n’auraient pas forcément achetés. Ces magasins annoncent le retour également du principe de consigne des emballages pour réutiliser toujours les mêmes contenants sans jeter, jeter et jeter !

Le Club de Rome

Ensuite, mais je ferais un article spécifique dessus tant le sujet est vaste, apprendre le principe de Décroissance Volontaire. Car malgré la joyeuse propagande des politiques et médias, la croissance crée les problèmes et ne va certainement pas les régler !

Ce ne sont que des exemples parmis d’autres qui montre que la société bouge et remue pour sortir la tête de ses poubelles nauséabondes. Mais le temps est-il de notre côté ?

Pour finir, par le serpent qui se mord la queue : je me demande toujours, sur de nombreux sujets et encore plus celui-ci, de quel côté viendra le changement !

Doit-on combattre sang et eau contre les grandes multinationales et les obliger à changer leurs politiques lobotomisantes des populations ou encore à réduire leur emballages, processus lent et risqué ou doit-on lutter sang et eau pour éduquer les futures générations et modifier les fondements même de la société actuelle et de sa divine consommation, processus très très lent et incertain ???

La question reste ne suspend ! à vous de vous prononcer …

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4 réflexions sur « Obsolescence Programmée, la fameuse ! »

  1. Je pense que le changement viendra de l’éducation, même si c’est long, fastidieux, nous avons plus de chances d’y arriver que d’attendre que les multinationales changent leur fonctionnement. D’ailleurs, si elles le faisaient, elles perdraient de l’argent, et n’auront plus lieu d’être.
    Je me rappelle bien de ce reportage, j’étais tombée des nues devant l’exemple de l’ampoule.. et du collant ! On peut voir plus loin et se dire que le domaine de la santé est le même. Si on soignait tout le monde et que tout le monde était en bonne santé… les entreprises pharmaceutiques perdraient aussi beaucoup d’argent..
    Triste cet exemple de l’élève et de son iphone. De même pour la baraque en tôle..

    .

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    1. Je suis bien d’accord. L’éducation est surement là clef de ce genre de changement vers une société plus durable.
      Quand nos jeunes bambins refuseront d’acheter tel ou tel produit de mauvaise qualité, une nouvelle économie arrivera … mais le temps passe vite !
      Pour moi, les éthiques et les principes de la Permaculture permettrait aux écoles d’éduquer les enfants dans un bon sens pour en faire des citoyens responsables !

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